COVID-19 : pourquoi les personnes de plus de 70 ans ont été davantage exposées aux formes graves
Une réponse immunitaire moins efficace face au SARS-CoV-2
Lors de la première vague de la pandémie de COVID-19, les personnes âgées de plus de 70 ans ont été particulièrement touchées par les formes graves de la maladie. À une période où aucun vaccin contre le coronavirus n’était encore disponible, les médecins et les chercheurs cherchaient à comprendre pourquoi le risque d’hospitalisation, de complications sévères et de décès était nettement plus élevé chez cette catégorie de population.
Une nouvelle étude multidisciplinaire apporte des éléments importants pour expliquer cette vulnérabilité. Les chercheurs ont notamment identifié une combinaison entre une réponse immunitaire moins efficace, une mauvaise maîtrise du virus et une activation excessive des mécanismes inflammatoires et de la coagulation.
Ces résultats permettent de mieux comprendre les mécanismes biologiques associés aux formes sévères du COVID-19 et pourraient également contribuer à améliorer la prise en charge des personnes âgées lors de futures épidémies.
Une mortalité particulièrement élevée chez les seniors
Au début de la pandémie, les données hospitalières ont rapidement montré que l’âge constituait l’un des principaux facteurs associés aux formes graves du COVID-19.
Alors que de nombreux patients plus jeunes pouvaient développer des symptômes modérés, les personnes âgées étaient davantage susceptibles de présenter une insuffisance respiratoire, des complications cardiovasculaires, des troubles de la coagulation ou encore une défaillance de plusieurs organes.
Selon les données analysées dans cette étude, la mortalité atteignait environ 32 % chez les patients âgés de plus de 70 ans, contre près de 6 % chez les patients plus jeunes.
Cette différence considérable a conduit les scientifiques à étudier de manière plus approfondie la réponse de l’organisme au SARS-CoV-2.
À cette époque, l’absence de vaccination COVID-19, de traitements préventifs largement disponibles et de connaissances suffisantes sur le nouveau coronavirus rendait la situation particulièrement complexe pour les établissements hospitaliers.
Une étude menée auprès de centaines de patients hospitalisés
Pour comprendre les mécanismes responsables de cette vulnérabilité, une équipe de chercheurs associant notamment le CIBERES et l’IBSAL a étudié la réponse biologique au SARS-CoV-2 chez 450 patients hospitalisés à Lleida et Valladolid.
Les résultats obtenus ont ensuite été confrontés à une cohorte indépendante comprenant 244 patients présentant des formes critiques de la maladie.
Cette méthodologie permet de renforcer la fiabilité des observations. En comparant différents profils de patients, les scientifiques ont pu identifier plusieurs caractéristiques biologiques associées à l’âge et à la gravité de l’infection.
L’objectif n’était donc pas simplement d’observer une différence de mortalité entre les générations, mais de déterminer pourquoi le système immunitaire des personnes âgées réagissait différemment face au coronavirus.
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