Quel pourrait être l’impact sur les crédits et les taux d’intérêt ?
L’énergie peut également avoir un effet indirect sur le crédit immobilier et le financement des ménages.
Une hausse durable de l’inflation peut compliquer la tâche des banques centrales, qui doivent trouver un équilibre entre la maîtrise des prix et le soutien à l’activité économique.
Lorsque les conditions financières se durcissent, le coût du crédit peut devenir plus élevé pour les ménages et les entreprises.
Il faut cependant éviter de conclure qu’une hausse du pétrole entraîne automatiquement une augmentation immédiate des taux immobiliers. Les décisions monétaires dépendent d’un ensemble beaucoup plus large d’indicateurs : inflation sous-jacente, activité économique, salaires, anticipations de prix et conditions financières internationales.
Le choc énergétique constitue donc un facteur parmi d’autres.
Combien cette crise peut-elle coûter à un ménage ?
Il est difficile de donner un montant unique valable pour toutes les familles.
L’impact dépend fortement de la consommation de carburant, du type de logement, du mode de chauffage, de la distance domicile-travail et du niveau général de dépenses.
Un ménage possédant deux voitures et parcourant beaucoup de kilomètres sera mécaniquement plus exposé à une hausse du prix du carburant qu’une famille vivant dans une grande ville et utilisant principalement les transports collectifs.
De même, un logement énergivore peut rendre un foyer davantage vulnérable à une hausse durable des prix de l’énergie.
Les estimations évoquant plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’euros de dépenses supplémentaires par mois doivent donc être considérées comme des scénarios, et non comme une facture automatique imposée à chaque famille.
Plus le choc énergétique dure, plus ses conséquences potentielles deviennent importantes.
Les entreprises françaises également sous pression
Les ménages ne sont pas les seuls concernés.
Les entreprises doivent elles aussi absorber la hausse du coût des matières premières et de l’énergie. Les secteurs particulièrement dépendants du transport, de la logistique, de l’industrie ou de la consommation énergétique peuvent être directement exposés.
Lorsque leurs coûts augmentent, plusieurs stratégies sont possibles : réduire les marges, chercher de nouveaux fournisseurs, diminuer certaines dépenses ou répercuter une partie des hausses sur les prix de vente.
C’est précisément ce mécanisme qui peut créer un effet secondaire sur l’inflation.
L’Insee a d’ailleurs constaté en mars une progression de 2,4 % sur un mois des prix de production de l’industrie française pour le marché français.
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