La liste des 105 médicaments à éviter selon la revue Prescrire

La fenfluramine, un exemple particulièrement surveillé

Parmi les médicaments cités dans le bilan 2022 figure notamment la fenfluramine, commercialisée sous le nom de Fintepla et utilisée dans certaines formes sévères d’épilepsie, notamment le syndrome de Dravet.

Cette maladie neurologique rare provoque des crises d’épilepsie importantes chez l’enfant et nécessite une prise en charge spécialisée. Le traitement de ces patients représente donc un véritable défi médical.

Selon le contenu de la liste évoquée, les réserves concernant la fenfluramine reposaient notamment sur des interrogations liées à son efficacité et à certains risques potentiels, notamment cardiovasculaires.

Il faut toutefois éviter une interprétation trop simpliste : la présence d’un médicament dans une liste de ce type ne signifie pas automatiquement que tous les patients doivent interrompre leur traitement.

Dans certaines maladies rares, les options disponibles peuvent être limitées. Le choix thérapeutique doit alors être effectué par un spécialiste en fonction du profil individuel du patient.

Certains médicaments ont également été retirés de la liste

Le bilan 2022 comportait également plusieurs changements par rapport aux éditions précédentes. Certains médicaments avaient notamment été retirés de la liste parce qu’ils n’étaient plus commercialisés en France.

C’était notamment le cas de l’attapulgite, présente dans des médicaments utilisés pour certains troubles digestifs. Le produit avait été écarté du bilan en raison notamment d’une contamination naturelle par le plomb évoquée par la revue.

Un autre exemple concernait l’association d’œstrogènes conjugués équins et de bazédoxifène, utilisée dans certaines situations liées à la ménopause. La revue avait précédemment souligné une balance bénéfices-risques défavorable, notamment au regard de risques tels que les thromboses et certaines interrogations concernant les cancers hormonodépendants.

Ces exemples rappellent que la situation d’un médicament peut changer au fil du temps : un produit retiré du marché ne doit pas être confondu avec un médicament encore disponible et faisant simplement l’objet d’une surveillance particulière.

Pourquoi les listes de médicaments doivent être interprétées avec prudence

C’est probablement le point le plus important de cet article.

Voir le nom d’un médicament dans une liste de traitements à éviter peut naturellement inquiéter un patient. Pourtant, il serait dangereux de décider seul d’arrêter un traitement prescrit.

Certains médicaments doivent être diminués progressivement. D’autres sont utilisés pour contrôler une maladie chronique et leur interruption brutale peut provoquer une aggravation de l’état de santé.

La meilleure démarche consiste donc à discuter avec son médecin ou son pharmacien.

Un professionnel peut notamment vérifier :

  • la raison pour laquelle le médicament a été prescrit ;
  • la dose utilisée ;
  • la durée du traitement ;
  • les éventuelles interactions avec d’autres médicaments ;
  • les effets secondaires observés ;
  • les alternatives thérapeutiques disponibles ;
  • le rapport entre bénéfices attendus et risques individuels.

Cette approche permet d’éviter deux erreurs opposées : banaliser un effet indésirable important ou, au contraire, arrêter brutalement un traitement utile par peu

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