Myocardite, allergies et autres affections rares: quatre ans après, on connaît les effets indésirables des vaccins contre le Covid-19
Au moins 17 millions de doses des vaccins de Moderna ou Pfizer-BioNTech ont été injectées dans le bras des Suisses depuis leur mise sur le marché en 2021. Environ 17 000 cas d’effets secondaires ont été rapportés. Pour les experts, ce bilan confirme que les vaccins à ARNm sont sûrs
La campagne de vaccination contre le Covid-19 a débuté le 23 décembre 2020, un an à peine après le début de la pandémie, qui avait déjà fait des milliers de victimes en Suisse. La population avait déjà vécu deux vagues du virus SARS-CoV-2 et deux confinements. Produits par les fabricants Moderna et Pfizer-BioNTech, les deux vaccins alors autorisés en Suisse reposaient sur la même technologie, l’ARN messager (ARNm), encore inédite pour des vaccins lors de leur déploiement.
COVID-19, vaccins et myocardites (et autres effets secondaires cardiologiques)
Parler des effets secondaires des vaccins anti-COVID de manière factuelle et scientifique, c’est essayer de se faire entendre parmi toutes les personnes qui ont décidé de confisquer le débat scientifique pondéré, que ce soit celles qui nient tout bénéfice vaccinal et montent en épingle le moindre signal de pharmacovigilance ou la moindre interrogation, ou celles qui ont décidé une fois pour toutes que la vaccination ne pouvant-être que bénéfique, interroger les effets secondaires signifie se ranger parmi les antivaxs.
Il est pourtant fondamental, afin que nos patients et concitoyens bénéficient d’une information loyale et éclairée, de pouvoir estimer les risques d’effets indésirables, graves ou non : myocardites, syndromes de tachycardie orthostatique posturale, poussées hypertensives, dérèglements menstruels, etc… Même s’il risque d’être détourné, tronqué, manipulé, ce billet a pour but de faire le point sur ce que l’on sait des effets secondaires cardiovasculaires des vaccins à ARN messager (ARNm), et en particulier les myocardites vaccinales. Les mécanismes physiopathologiques sous-jacents sortent du cadre de ce billet déjà (trop) long, et feront éventuellement l’objet d’un autre texte.
Myocardites
Les premières mentions des myocardites post-vaccinales datent d’un article israélien du mois d’avril 2021. Puis deux articles, dans Science et le Jerusalem Post, parus au début du mois de juin 2021, ont clairement soulevé la question d’un lien entre ARNm et myocardites.
Les publications de pharmacovigilance des autorités américaines à l’été 2021 (par exemple ici) confirmeront l’association entre vaccins ARNm et myocardites. Christian Lehmann dans Libération, et moi-même, parmi d’autres, avons regretté alors le « circulez, rien à signaler » sur le sujet et sur celui (corolaire obligatoire) de la balance bénéfice/risque de la vaccination, confisquant un débat de santé publique important et surtout facilitant la diffusion d’informations alarmistes erronées (« on cache la vérité, c’est donc bien qu’il y a un problème »).
