Un récit qui relance le débat sur la recherche des origines et les tests ADN de filiation
Le 1er septembre 2025, l’émission Ça commence aujourd’hui diffusée sur France 2 a mis en lumière une histoire familiale restée enfouie pendant plus de six décennies. Face à l’animatrice Faustine Bollaert, Bibia et sa fille Sabrina ont accepté de raconter, avec émotion et pudeur, la disparition d’un nouveau-né survenue en Algérie en 1964. Ce témoignage, rare par sa force et sa sincérité, remet aujourd’hui sur le devant de la scène une question encore trop méconnue en France : celle des recherches des origines pour les personnes séparées de leur famille biologique dans des circonstances troubles, parfois liées à des soupçons de trafic de nouveau-nés dans certaines maternités du XXe siècle.
Ce type de récit, bien que rare dans les médias, n’est pas isolé. Ces dernières années, plusieurs affaires similaires ont refait surface en France et à l’étranger, poussant des familles entières à se lancer dans des démarches longues et souvent semées d’embûches administratives pour tenter de retrouver un frère, une sœur ou un enfant disparu à la naissance. Ces parcours passent aujourd’hui de plus en plus par le test ADN de filiation, un outil scientifique devenu accessible qui permet, dans de nombreux cas, d’établir ou de confirmer un lien de parenté biologique avec une fiabilité proche de 100 %.
En France, ces démarches s’inscrivent dans un cadre légal précis, encadré notamment par le CNAOP (Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles), un organisme public qui accompagne les personnes en quête de leurs origines familiales, que ce soit dans le cadre d’une adoption, d’un accouchement sous le secret, ou de situations plus complexes comme celles évoquées sur le plateau de France 2. Ce type d’accompagnement, souvent méconnu du grand public, peut s’avérer déterminant pour des familles qui, comme celle de Bibia, vivent depuis des décennies avec une incertitude douloureuse.
Au-delà de l’aspect administratif, ces situations soulèvent également des enjeux psychologiques importants. De nombreux psychologues spécialisés dans le deuil périnatal et les séparations familiales précoces soulignent à quel point l’absence de certitude — ne pas savoir si un enfant est réellement décédé ou non — peut générer une souffrance chronique, différente du deuil classique, car elle empêche tout processus de résilience complet. Un accompagnement psychologique adapté, parfois associé à un soutien juridique pour engager des recherches généalogiques, est aujourd’hui recommandé pour les personnes confrontées à ce type de situation.
C’est dans ce contexte plus large, à la croisée du témoignage intime et de l’enjeu de société, que l’histoire de Bibia et Sabrina a particulièrement marqué les téléspectateurs de France 2.
Le récit de Bibia : un accouchement solitaire à Constantine en 1964
L’histoire commence en Algérie, dans les années 1960. Bibia n’a alors que 19 ans lorsqu’elle donne naissance à son premier enfant dans un hôpital de Constantine. Son mari, contraint de multiplier les allers-retours vers la France pour des raisons professionnelles, n’est pas présent à ses côtés au moment de l’accouchement. Seule, dans un établissement hospitalier où les conditions d’accueil des jeunes mères étaient loin d’être optimales, elle met au monde son bébé en pleine nuit.
C’est à ce moment précis que le récit bascule. Selon les mots rapportés par sa fille Sabrina sur le plateau de l’émission, l’équipe médicale n’aurait pas laissé Bibia garder son enfant contre elle, alors même que celui-ci criait dans ses bras. Un détail glaçant, qui illustre à quel point la jeune mère a immédiatement ressenti que quelque chose n’allait pas.
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