Cancer de l’œsophage : cette habitude quotidienne avec le thé pourrait augmenter les risques
Vous n’y pensez probablement pas lorsque vous préparez votre thé ou votre café, mais la température à laquelle vous consommez une boisson chaude pourrait avoir son importance pour la santé de votre œsophage. Une habitude très répandue consiste notamment à boire son thé quelques secondes seulement après l’avoir préparé, alors qu’il est encore brûlant.
Cette pratique peut sembler anodine. Pourtant, la consommation régulière de boissons très chaudes fait partie des facteurs étudiés en lien avec le cancer de l’œsophage. Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la Santé, a classé en 2016 la consommation de boissons très chaudes, à des températures supérieures à 65 °C, comme « probablement cancérogène pour l’être humain » (groupe 2A).
Cela ne signifie évidemment pas qu’une tasse de thé chaude provoque automatiquement un cancer. La classification du CIRC concerne surtout la solidité des preuves scientifiques concernant un lien potentiel, et non le niveau de danger d’une exposition donnée.
D’autres facteurs de risque sont également beaucoup mieux établis, notamment le tabagisme et la consommation excessive d’alcool. Le reflux gastro-œsophagien, certains troubles digestifs et le surpoids peuvent également être associés à certains types de cancer de l’œsophage.
Cancer de l’œsophage : pourquoi la température du thé attire l’attention
Dans une vidéo publiée sur Instagram, la gastro-entérologue Pauline Guillouche, également connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme @pauline.hepato, a attiré l’attention sur cette habitude du quotidien.
Son message est simple : ce n’est pas nécessairement le thé qui pose problème, mais la température à laquelle il est consommé.
Lorsqu’une boisson est extrêmement chaude, elle peut provoquer une agression thermique de la muqueuse de l’œsophage. Une consommation répétée de liquides très chauds peut donc exposer régulièrement cet organe à une irritation.
L’œsophage est un tube musculaire qui permet aux aliments et aux liquides de rejoindre l’estomac. Sa paroi est recouverte d’une muqueuse qui joue un rôle protecteur. Comme d’autres tissus de l’organisme, cette muqueuse peut être affectée par des agressions répétées.
Il est toutefois important de ne pas tirer de conclusion excessive : les données scientifiques montrent une association probable entre la consommation de boissons très chaudes et le cancer de l’œsophage, mais elles ne permettent pas d’affirmer qu’une personne qui boit occasionnellement une boisson chaude développera un cancer.
Pourquoi les boissons très chaudes peuvent-elles être préoccupantes ?
Le mécanisme étudié repose principalement sur les dommages provoqués par la chaleur.
Une boisson consommée à une température particulièrement élevée peut entraîner une irritation ou une lésion thermique de la muqueuse. Lorsque cette exposition est répétée pendant une longue période, les chercheurs s’intéressent à la possibilité que ces agressions successives participent à des modifications cellulaires.
C’est notamment pour cette raison que le CIRC a étudié différentes habitudes de consommation dans plusieurs régions du monde où le thé, le maté ou d’autres boissons sont traditionnellement consommés à des températures très élevées.
Les données analysées par l’organisme montrent que le risque de cancer de l’œsophage peut augmenter avec la température de la boisson. Le CIRC définit les boissons « très chaudes » comme celles consommées à plus de 65 °C.
Cette précision est importante : une boisson chaude n’est pas nécessairement une boisson « très chaude » au sens scientifique du terme.
Le thé est-il réellement dangereux pour la santé ?
C’est probablement l’une des principales questions que se posent les amateurs de thé après avoir entendu parler de cette étude.
La réponse mérite d’être nuancée.
Le thé en lui-même n’est pas considéré comme la cause principale du cancer de l’œsophage dans cette recommandation. Le facteur qui attire l’attention des chercheurs est surtout la température extrêmement élevée de la boisson au moment où elle est avalée.
L’IARC souligne d’ailleurs que les résultats disponibles suggèrent que c’est la température, plutôt que la nature de la boisson, qui pourrait être responsable du risque observé.
Autrement dit, il n’est pas nécessaire de supprimer systématiquement le thé de son alimentation simplement par crainte du cancer.
Le véritable réflexe à adopter consiste plutôt à éviter de boire une tasse lorsqu’elle est encore brûlante.
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