“Arrête ça tout de suite” : ce geste qui peut sembler anodin augmente en réalité les risques de cancer de l’oesophage

Que signifie la classification « probablement cancérogène » ?

L’expression peut être inquiétante, mais elle doit être correctement comprise.

Le CIRC utilise plusieurs catégories pour évaluer les preuves scientifiques concernant le caractère cancérogène d’une exposition. La catégorie groupe 2A, utilisée pour les boissons très chaudes, signifie « probablement cancérogène pour l’être humain ».

Cette classification ne signifie pas que le risque est identique à celui d’autres substances également classées dans le groupe 2A. Le CIRC précise que cette catégorie renseigne principalement sur la force des preuves scientifiques, et non sur le niveau de danger ou la quantité nécessaire pour provoquer un cancer.

Il n’existe donc pas de chiffre permettant de dire qu’une personne développera automatiquement un cancer après avoir consommé un certain nombre de tasses de thé très chaud.

La prudence consiste plutôt à limiter une exposition répétée à des températures particulièrement élevées.

Une étude iranienne souvent citée sur le sujet

Une étude réalisée en Iran a également attiré l’attention sur la température de consommation du thé. Elle fait partie des travaux ayant contribué à alimenter les recherches sur le lien entre boissons très chaudes et cancer de l’œsophage.

Dans les régions où le thé est traditionnellement consommé très chaud, les chercheurs ont observé une relation entre la température de la boisson et le risque de cancer de l’œsophage.

Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Il ne faut pas transformer une association statistique en certitude individuelle. De nombreux autres facteurs peuvent influencer le risque de développer un cancer, notamment le tabagisme, l’alcool, les habitudes alimentaires, certains facteurs environnementaux et les caractéristiques individuelles.

Le CIRC indique lui-même que les études disponibles ne permettent pas de déterminer quelle proportion précise des cancers de l’œsophage est attribuable à la consommation de boissons très chaudes.

Les principaux facteurs de risque du cancer de l’œsophage

La température du thé n’est donc qu’un élément parmi d’autres. Certains facteurs de risque sont beaucoup plus clairement établis.

Le tabac

Le tabagisme constitue un facteur important de risque de cancer de l’œsophage. L’exposition répétée aux substances toxiques présentes dans la fumée du tabac peut endommager les cellules et favoriser différents cancers.

L’alcool

La consommation importante d’alcool est également associée au risque de cancer de l’œsophage. Le risque peut être particulièrement préoccupant lorsqu’elle est combinée au tabagisme.

Le reflux gastro-œsophagien

Les remontées fréquentes d’acide gastrique vers l’œsophage peuvent irriter sa muqueuse. Dans certaines situations, un reflux chronique peut entraîner des modifications cellulaires et être associé à un risque accru de certains cancers de l’œsophage.

Le surpoids et l’obésité

Le surpoids peut notamment être associé à certains facteurs favorisant le reflux gastro-œsophagien. La gestion du poids, lorsqu’elle est nécessaire, fait donc partie d’une approche globale de prévention et de santé digestive.

Ces facteurs ne doivent pas être confondus avec une cause unique. Le cancer est généralement une maladie multifactorielle, et la présence d’un facteur de risque ne signifie pas qu’une personne développera nécessairement la maladie.

Comment boire son thé sans l’abandonner ?

La recommandation la plus simple est également la plus facile à appliquer : laisser refroidir légèrement sa boisson avant de la consommer.

Après avoir versé le thé, le café ou une autre boisson chaude dans une tasse, quelques minutes d’attente peuvent permettre à sa température de diminuer.

Il est particulièrement important d’éviter de boire une boisson lorsqu’elle brûle la bouche ou la gorge. Cette sensation est un signal évident indiquant que la température est probablement trop élevée pour être consommée confortablement.

Le CIRC considère comme « très chaudes » les boissons consommées au-dessus de 65 °C.

Il n’est donc pas nécessaire de renoncer aux boissons chaudes pour adopter une meilleure hygiène de vie. L’objectif est simplement d’éviter les températures extrêmes.

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